Hotels des monnaies en Vallée d'Aoste

 

Home
Chi siamo
Biblioteca
Attività
Riunioni
Come associarsi
Dove siamo
Contattaci
Links
Ricerca
Mappa del Sito

 

Versione in lingua italiana

Histoire des hotels des monnaies en Vallée d'Aoste

 de Claudio Gallo

        Les premières monnaies sur lesquelles apparaît le nom d’Aoste, à notre connaissance, remontent au VIIe siècle après Jésus Christ, à l’époque des Mérovingiens. Ceux-ci envoyaient leurs monétaires dans toutes les localités du royaume, accompagnés par des artisans spécialisés dans la fusion des métaux et dans l’incision des coins. Ces fonctionnaires recouvraient les impôts en recevant du métal précieux qu’ils fondaient et gravaient sur place, et y apposaient leur nom et celui de la communauté qui payait l’impôt. A leur retour, ils versaient les sommes recouvrées dans les caisses de l’Etat.

        En Vallée d’Aoste, nous n’avons jamais trouvé de trace de ces monnaies. Certes, nous savons que dans le médaillier de la Bibliothèque Nationale de Paris et dans d’autres musées français il existe au moins onze sortes de monnaies, en général des tiers de sou d’or d’imitation byzantine portant les noms de leurs propres monétaires, qui ont été battues à Aoste, avec l’inscription “AUSTA” ou “AGUSTA”.

       Les monétaires sont: AUDALOUS, AVIDIO, BETTO, CNIDUS, DACCHO, GUIDAAO, GUILINUS, MAXOMIO, OPTATUS, SANTOLUS et UNVADAO.

       Aoste et Suse sont les seules villes cisalpines qui apparaissent sur les monnaies mérovingiennes. Le Musée archéologique d’Aoste possède un splendide et très rare exemplaire de tiers de sou d’or battu à Aoste par le monétaire Betto au début du VIIe siècle après Jésus-Christ, semblable à celui décrit par M. Prou dans “Les monnaies mérovingiennes” au numéro 1655 et par A. de Belfort dans “Description générale des monnaies mérovingiennes” au numéro 570. Cette pièce pèse 1,520 g. et a un diamètre de 13 mm. Sur la face, dans la légende qui entoure un buste, ceint d’un diadème, tourné vers la droite, nous pouvons lire “BETTO MUNITARI’’ sur le revers, autour de la croix dans le champ, figure l’inscription “AUSTA CIVITAEI FIT”. C’est la première monnaie frappée à Aoste dont l’existence soit attestée.

        Pour trouver d’autres monnaies frappées en Vallée d’Aoste, nous devons faire un saut de six siècles et arriver en 1341 quand le comte Aimon de Savoie, pour faire face à la pénurie des monnaies, stipule un contrat avec Aldebrando Alfani et avec le fils de celui-ci, Bartolomeo, originaires de Florence, afin qu’ils fabriquent et battent les monnaies à l’Hôtel des monnaies de Donnas pendant trois ans. Les monnaies frappées à Donnas à partir du 8 avril 1341, semblables celles des seigneurs de Milan, mais avec le nom du comte Aimon dans la légende au droit (“AIMO” ou “IMO”) sont:

- En argent: l’obole blanche du lis (une imitation du gros avec le lis de Philippe VI, roi de France) et le gros denier blanc.

- En alliage:  le denier blanc et le denier noir (qui imitent le double tournois de Philippe VI roi de France, émis en 1336), la petite obole blanche mince et l’obole avec blason.

          La lettre “A” gothique qui apparaît dans le champ sur la face du gros denier blanc, sur celle de la petite obole blanche mince et sur l’obole avec blason est l’initiale d’Aimon et ressemble à celle que nous trouvons sur la monnaie frappée à Bologne, monnaie très forte au Moyen Age dans l’Italie du Nord et imitée par de nombreux hôtels des monnaies. L’Hôtel des monnaies de Donnas ferme définitivement ses portes en 1343, à la mort du comte Aimon.

          En 1394, Bonne de Bourbon - qui gouverne les Etats de Savoie depuis 1391 lorsque son neveu Amédée VIII, âgé de 8 ans, est resté orphelin suite à une chute mortelle de cheval de son père Amédée VII - ouvre un hôtel des monnaies à Aoste et le donne en adjudication au maître monnayeur Matteo de Bonaccorso Borgo en même temps que ceux d’Ivrea, d’Avigliana, de Bourg, de Pont d’Ain, de Nyon et de Chambéry.

 

À gauche dans la photo on remarque le bâtiment de l'Hôtel de la Monnaie d'Aoste

 

      D’après certains documents, du 25 mai 1394 au 13 août 1400, le maître monnayeur frappe à l’Hôtel des monnaies d’Aoste cinq sortes de monnaies:

- En argent: le gros du type II et le demi gros mauricien du type I (figurant sur le revers Saint Maurice, debout et de face).

- En alliage: le quart de gros du type III (sur la face, dans le champ l’inscription “FERT” gothique), le fort du type III (avec un grand “A” gothique, sur la face, dans le champ), et le petit blanc du type III (avec un grand “S” sur la face, dans le champ).

     De ces monnaies, portant les marques du monétaire d’Aoste, aucun exemplaire n’a été retrouvé jusqu’à présent.

        L’Hôtel des monnaies fut fermé en 1400. Vraisemblablement, après avoir frappé la monnaie à Aoste pendant un certain temps, ce maître ne trouva plus l’affaire rentable et ne maintint pas les promesses faites à Bonne de Bourbon. En tout état de cause il ne devait pas e très honnête car, plus d’une fois, il fut impliqué dans des procès pour falsification et altération (par défaut) des monnaies battues.

          L ‘Hôtel des monnaies fut rouvert seulement en 1549 par le duc Charles II qui chargea le maître Nicolò Vialardi d’Ivrée de battre la monnaie. Celui-ci exerça son activité chez les frères Renato et Michele Tollen, dans le bourg de Saint Ours à Aoste, du 14 novembre 1549 au 15 mai 1553. Durant cette période furent émis:

- En or: l’écu d’or de la croix, du type III.

- En argent: le thaler et le teston du type VI.

- En alliage: le quatre gros du type I et II, le gros du type III, le quart du type VI et le fort.

        En ce qui concerne l’aspect iconographique et épigraphique des monnaies frappées par Charles II à Aoste, nous trouvons très souvent sur la face de celles-ci les armoiries de la maison de Savoie, de gueules à la croix d’argent, adoptées par Amédée V en 1285 lors de sa montée sur le trône et figurant également sur les drapeaux et sur les étendards.

         Pour la deuxième fois depuis l’époque des monnaies mérovingiennes, nous trouvons sur le revers, dans la légende, le nom de la ville, mais cette fois avec l’inscription “AUGUSTE PRETORIE” soit entière soit abrégée, en plus des initiales du maître Nicolò Vialardi (N.V.). La croix de Saint Maurice, adoptée pour la première fois par Amédée VIII, apparaît souvent dans le champ. Il s’agit là d’un signe de respect particulier de la part du duc envers la ville qui, pendant la guerre, même après avoir stipulé un contrat de neutralité avec le roi de France, par lequel elle s’engageait à continuer à faire partie des Etats de la maison de Savoie, avait servi sa cause. De plus, dans la légende qui figure sur la face des monnaies de Charles II, comme sur les monnaies de la maison de Savoie qui les avaient précédées et sur celles qui suivront, figurent souvent le “nœud d’amour” et le mot “FERT” qui dérivent tous les deux de l’Ordre du Collier, le plus important ordre chevaleresque à caractère religieux et militaire fondé par Amédée VI de Savoie en 1362.

       Le “nœud d’amour” était fait d’une écharpe que la dame offrait à son chevalier; celui-ci la nouait autour de sa taille ou autour de son épée quand il participait à des fêtes ou à des tournois, ou lorsqu’il partait à la guerre. L’Ordre était composé de 15 chevaliers, y compris son fondateur.

         En 1518, Charles II de Savoie augmentera le nombre des chevaliers jusqu’à 20 et le transformera en Ordre de l’Annonciade.

       Après la mort de Charles II, survenue le 16 août 1553, sous le règne d’Emmanuel Philibert I’Hôtel des monnaies d’Aoste poursuivit son activité, Les maîtres monnayeurs de cette époque ne sont pas tous connus, mais parmi ceux dont la renommée est parvenue jusqu’à nous, certains se distinguèrent, tels Nicolò Vialardi de 1554 à 1559 et Tommaso Campagnano de Musso de 1575 à 1580 auquel s’associe, en 1577, Mario D’Alvigi de Pérouse, Campagnano, ayant obtenu l’adjudication de l’Hôtel des monnaies d’Aoste pour une période de 6 ans, y installa une machine, appelée le “moulinet” avec la quelle, en 1576, il frappa les thalers du type II, figurant, sur la face, le duc Emmanuel-Philibert à cheval. Ces thalers étant concaves, ils n’auraient pu être obtenus par une frappe à la main.

         A partir de 1558, les monnaies frappées à Aoste portent dans l’exergue la lettre « A ».

Sous le règne d’Emmanuel-Philibert les monnaies suivantes ont été frappées à Aoste:

-   En or: l’écu large du soleil du type I, l’écu d’or du soleil du type III; l’écu du soleil hybride.

-   En argent: le thaler à l’effigie du duc; le thaler figurant le duc à cheval du type I et II; la lire; le teston  des types I, III, IV et V et le demi teston.

-   En alliage: quatre gros du type II; blanc du type I; trois gros du types I et III; gros des types I et IV sou du type II; quart de gros du type I; quart de sou avec quatre roses; fort des types I, II et III; demi quart de Sou des types I et III.

       En 1580, Charles-Emmanuel Ier monta sur le trône et aux maîtres monnayeurs Campagnano et D’Alvigi succédèrent Antonio Roatta en 1581, Giovannino Miretto en 1582, Gaspare Cornaglia en 1584 et Cesare Valgrandi en 1587. Les monnaies frappées à Aoste durant cette période sont les suivantes:

-   En or: double du type II de 1587.

-   En argent: thaler de 1581; ducaton figurant un centaure de 1588; lire sans date; cavalot étroit de 1587.

-   En alliage: blanc de 1583 et de 1585; cavalot, avec armoiries sur la face, de 1587; sou de quatre deniers du type I de 1581, de 1583 et de 1584; gros du Piémont de 1587; quart de sou sans date (quatre types); fort de huit au sou sans date (deux types).

     L’Hôtel des monnaies d’Aoste cessa définitivement la fabrication des pièces en 1588.

      Dans les années 1944-1945, sous la République Socialiste Italienne, des monnaies seront encore frappées à l’Hôtel des monnaies d’Aoste, considéré comme une officine de La Monnaie italienne (l’unique en Italie à partir de 1895 dont le siège se trouve à Rome). En effet, selon le Décret Ministériel n° 422 du Ier mai 1944 paru dans le Journal Officiel n° 171 du 24 juillet 1944, les besoins monétaires de la population de l’Italie du nord durant la guerre seront assurés par une annexe de la Monnaie de Rome instituée à la Société Nationale Cogne qui, en 1939, fabriquait les flans en acmonital (alliage constitué d’acier, de chrome, de nickel et de vanadium) et dont le but était de produire les monnaies de 50 et 20 centimes du type Empire. Les ouvriers étaient fournis par la Cogne tandis que le personnel dirigeant, technique et administratif ainsi que le matériel nécessaire à graver les coins (poinçons, matrices, etc...) furent envoyés en mai 1944 par la direction générale du Trésor. Du 26 juillet 1944 au 4 juin 1945, dans l’officine d’Aoste de La Monnaie de Rome sise à la Cogne (directeur Rosario Lauria, vice directeur et chef graveur Pietro Giampaoli, chef technique Giuseppe Manfredi) sont frappées 2.053.000 pièces de 20 centimes en acmonital (portant au droit la tête de Victor Emmanuel III à gauche et au revers la tête de l’Italie à droite avec la date “1943 XXI”) identiques à celles frappées à Rome car exécutées avec les vieux coins envoyés à Aoste et provenant de l’officine de Rome, ainsi que des pièces de 10 centimes, elles aussi en acmonital (avec au droit la tête de Victor Emmanuel III à gauche et au revers l’emblème savoyarde couronné, surposé sur une gerbe de trois épis de blé et des feuilles de chêne avec la date “1943 XXI ‘’), produites en 32 exemplaires à titre expérimental (10 seront ensuite transformées à la Cogne, 20 seront consignées à la Direction Générale du Trésor, alors distaquée à Brescia après la conquête de Rome par les Alliés le 4 juin 1944, et 2 se trouvent actuellement au Musée de La Monnaie à Rome) et qui, à la différence de celles en bronzital (alliage de cuivre, d’aluminium et de zinc) frappées à Rome, ont un poids mineur (2,68 gr. contre 4,90 gr.) et un diamètre inférieur (19,50 mm au lieu de 22,50 mm). Certains coins revers portent en outre la lettre “A” (Aoste) au lieu de la lettre ‘R’ (Rome). Ils ne seront jamais utilisés pour la frappe de la monnaie et seront réformés quand ils seront transférés, avec les machines et le matériel, à La Monnaie de Rome après la fermeture de l’officine d’Aoste. Les monnaies de 50 centimes ne seront jamais frappées. Après la guerre, la Cogne continua à produire des flans métalliques pour le compte de La Monnaie.

         A partir de 1972, leur fabrication est transférée à Verrès, au siège de la Sadea, activité qui se poursuit encore de nos jours par le biais de la Verrès S.p.a. (constituée en 1990, dont l’Institut Polygraphique et La Monnaie d’Etat détiennent 55% des actions) qui fournit également les flans destinés aux Hôtels des monnaies de différents pays.

 

CATALOGUE DES MONNAIES FRAPPÉES EN VALLEE D'AOSTE

 

(sont excluses dans ce développement celles d'attribution incertaine et les variantes sur le même type)

 

Hôtel des Monnaies d'Aoste

Monnaies frappées sous les Mérovingiens (débout du VIIème siècle)

Monnaies frappées sous le comte Amédée VIII dans la période 1394-1400

Monnaies frappées sous le duc Charles II de Savoie dans la période 1549-1553

Monnaies frappées sous le duc Emmanuel Philibert de Savoie dans la période 1553-1580

Monnaies frappées sous le duc Charles Emmanuel I de Savoie dans la période 1580-1588

 

Hôtel des Monnaies de Donnas

Monnaies frappées sous le comte Aimon de Savoie dans la période 1341-1343

 

Début

Arrière